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Libération partielle des prisonniers politiques sahraouis des bagnes de l'occupant marocain

L'Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA) et l'Union des Juristes Sahraouis (UJS) ont appris la libération, le 25 mars 2006, par les autorités d'occupation marocaines, de 30 des 67 détenus politiques sahraouis. Cette libération survient suite aux pressions internationales exercées sur les autorités colonialistes marocaines par de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme et institutions démocratiques telles que Amnistie Internationale, l'Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), le Conseil Général des barreaux de l'Espagne, le Parlement Européen, l'Administration Américaine ainsi que de nombreuses associations et comités de soutien au peuple sahraoui à travers le monde.

Toutes ces organisations et institutions ont dénoncé la répression et les graves atteintes des droits de l'homme perpétrées dans les territoires occupés de la République Sahraouie et le sud marocain, par les appareils militaires et sécuritaires du régime du criminel de Mohamed VI.

Cette libération est aussi et essentiellement le fruit du travail remarquable et des actions menés par les défenseurs des droits de l'homme dans les territoires occupés de la République Sahraouie.

Grâce à leur détermination et leur sacrifice notamment les grèves de faim et autres actions de protestation, l'opinion nationale et internationale a été tenue régulièrement informée des exactions et flagrantes violations commises, en toute impunité, par le régime makhzenien de Mohamed VI à l'encontre des citoyens sahraouis et tout particulièrement depuis l'avènement de l'INTIFADA de l'indépendance déclenchée, le 21 mai 2005, suite au transfert illégal du détenu sahraoui Haddi El Kainan de la prison noire vers la prison de Ait Melloul. Cet enlèvement survient est la réaction des autorités à la décision du prisonnier politique Haddi El Kainan de renoncer définitivement aux papiers de l'occupant marocain.

Cette sélectivité dans la libération des prisonniers politiques sahraouis est la preuve du manque d'une réelle politique de respect des libertés fondamentales dans les territoires occupés de la République Sahraouie. En effet, en maintenant en prison des dizaines des prisonniers politiques pour leur engagement en faveur des droits de l'homme et la libération de leur pays du joug colonial, par les voies pacifiques, le régime makhzenien en décadence démontre, si besoin est, que la perpétuation de la répression, de l'agression et des flagrantes violations des droits de l'homme est l'unique politique qu'il maîtrise à la perfection.

Cette libération partielle intervient en un moment au la répression bat son plein dans les territoires occupés d la République Sahraouie suite à la visite du monarque alauite à El Aaiun (capital de la République Sahraouie soumise au joug colonial marocain depuis trente ans) et à Bojador. En effet, cette provocation flagrante, qui défie la communauté internationale et qui met toute la région au bord de la guerre, a été accompagnée par des graves violations des droits de l'homme notamment la détention arbitraire de dizaines de citoyens qui manifester leur refus de cette nouvelle manœuvre dilatoire du régime marocain.

Le roi Mohamed VI, symbole d'une civilisation makhzanienne décadente, a dépêché, sur place, tout un arsenal militaire, policière et sécuritaire estimé à plus de 20 000 soldats et agents. De même, des milliers d'autobus ont inondé la ville de plus de 30 000 nouveaux colons qui viennent grossir la présence déjà impressionnante des forces armées, policières et coloniales marocain qui dépasse le triple de la population sahraouie.

Au mépris de la légalité internationale qui considère le Sahara Occidental comme territoire non autonome inscrit sur la liste des Nations Unies pour sa décolonisation en conformité avec la légalité internationale, le roi du Maroc propose une « autonomie » imposée au peuple sahraouie. Pour faciliter une telle macabre besogne, le monarque despotique déterre le moribond « conseil consultatif royal des affaires sahariennes », crée par le son défunt père Hassan II, le 21 août 1981.

Tout en se réjouissant de la libération des 30 détenus politiques sahraouis, l'AFAPREDESA et l'UJS dénoncent énergiquement le maintien en prison de plus de 37 autres prisonniers d'opinion sahraouis et considèrent que la libération partielle ne sert que les fins propagandistes du régime alauite qui cherche désespérément à induire en erreur la communauté internationale sur les graves atteintes des droits de l'homme dans les territoires occupés de la République Sahraouie.

C'est pourquoi, l'AFAPREDESA et l'UJS interpellent l'ONU, l'UE, l'UA, la MINURSO, le Haut Commissariat pour les Droits de l'homme de l'ONU pour intervenir d'urgence a fin de mettre un terme aux mesures répressives exercées, en toute impunité, par les forces coloniales marocaines dans les territoires occupés de la République Sahraouie.

L'AFAPREDESA et l'UJS exigent des autorités colonialistes marocaines de procéder immédiatement et inconditionnellement à la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis et à leur tête le défenseur des droits de l'homme Ali Salem Tamek ainsi que l'éclaircissement du sort de plus de 500 disparus sahraouis.

Campements des réfugiés sahraouis, le 27 mars 2006.